J'ai quitté mon CDI en boulangerie pour créer des sites web : retour honnête après un mois
Pourquoi j'ai quitté un emploi stable pour devenir créateur de sites web pour artisans en milieu rural. Les vraies galères, les vrais chiffres, les vrais doutes.
Le 22 mars 2026, j’ai fait mon dernier jour à la boulangerie.
J’avais un CDI. Des horaires fixes. Un salaire qui tombait le 5 de chaque mois. Des collègues. Une routine. Le genre de choses que la plupart des gens considèrent comme de la sécurité.
Et j’ai lâché tout ça pour faire des sites internet.
Si vous lisez cet article, c’est probablement pour une de ces raisons : vous pensez à changer de voie, vous êtes déjà en train de le faire et vous cherchez des récits honnêtes, ou vous êtes artisan et vous vous demandez quel genre de personne fabrique votre site web. Dans les trois cas, vous êtes au bon endroit.
Je ne vais pas vous raconter une success story. On est un mois après. Ce que je peux vous donner, c’est un récit vrai : les décisions, les doutes, les chiffres, et ce que j’ai compris en chemin.
Le déclic n’a pas été un déclic
Quand les gens entendent “j’ai quitté mon CDI”, ils imaginent un moment dramatique. Une dispute avec le patron. Un burn-out spectaculaire. Un voyage qui remet tout en question.
La réalité est beaucoup plus lente que ça.
J’ai travaillé en boulangerie à Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées. Un métier physique, des horaires tôt, un rythme qui laisse peu de place pour le reste. Pendant ce temps-là, le soir, le week-end, parfois entre deux services, j’apprenais à coder. HTML, CSS, JavaScript. Puis des frameworks, du déploiement, du référencement.
Ce n’était pas un plan. C’était une curiosité qui est devenue une compétence, qui est devenue un projet, qui est devenue une activité.
Le vrai déclic, si on peut appeler ça comme ça, c’est quand j’ai réalisé que les artisans autour de moi — des gens que je croisais au marché, au village, dans la vallée — avaient tous le même problème : ils étaient invisibles en ligne. Des bons produits, des bons services, zéro présence numérique. Et les solutions qu’on leur proposait étaient soit trop chères (agences à 5 000 euros), soit inadaptées (plateformes qui ne comprennent rien au rural).
J’avais la compétence. J’avais l’envie. Et j’avais un territoire plein de gens qui avaient besoin exactement de ce que je savais faire.
Il ne manquait plus que le courage de lâcher le filet de sécurité.
Ce que j’ai fait avant de sauter
Je ne suis pas du genre à foncer tête baissée. Voici ce que j’avais préparé avant de quitter mon CDI.
Une micro-entreprise créée. SIREN, SIRET, tout le paquet. Les formalités sur l’INPI, c’est long mais c’est faisable. Mon code APE : 6201Z — programmation informatique. Ça ne veut pas dire grand-chose, mais c’est ce que l’administration comprend.
Une assurance professionnelle. RC Pro chez Orus. Si je casse quelque chose sur le site d’un client, je suis couvert.
Un premier client. Avant même de quitter la boulangerie, j’avais commencé à travailler avec un producteur de tempeh du coin. Un vrai projet, un vrai besoin, une vraie relation de confiance. Ce n’est pas une anecdote marketing : c’est quelqu’un que je connaissais déjà, qui me faisait confiance, et qui avait besoin d’un site.
Un site vitrine pour moi-même. lisieresubtil.com. Si je demande aux artisans d’avoir un site, je dois en avoir un moi-même. C’est la base.
Des cartes de visite. Oui, en 2026. Parce que dans les Hautes-Pyrénées, les gens se rencontrent au marché, pas sur LinkedIn.
Un plan financier réaliste. Pas un business plan de 40 pages pour la banque, mais un calcul honnête : de combien j’ai besoin par mois pour vivre, combien je peux facturer, combien de clients ça représente.
Ce que je n’avais pas : des garanties. Pas de clients en file d’attente. Pas d’investisseur. Pas de filet familial. Juste un plan, une compétence, et un territoire.
Les vrais chiffres (sans filtre)
Parce que les articles “j’ai quitté mon job” oublient toujours la partie argent, voici la réalité brute.
Ce que je gagnais en boulangerie
Un CDI, un salaire mensuel, des congés payés, une mutuelle. C’est concret. C’est prévisible. C’est rassurant.
Ce que je gagne maintenant
Après un mois, mon chiffre d’affaires total depuis la création de la micro-entreprise : un premier projet livré, un devis envoyé, deux contacts chauds. On n’est pas sur un lancement spectaculaire. On est sur un démarrage réel, avec les délais réels de la vraie vie.
Ce que ça coûte de démarrer
| Poste | Montant |
|---|---|
| Création micro-entreprise (INPI) | 0 € (gratuit) |
| RC Pro (Orus, annuelle) | ~300 € |
| Nom de domaine | ~15 €/an |
| Hébergement (VPS) | ~5 €/mois |
| Cartes de visite (100 ex) | ~39 € |
| Outils divers (analytics, email) | ~0 € (solutions open-source) |
| Total démarrage | ~370 € |
C’est un des rares métiers où le coût d’entrée est aussi bas. Pas besoin de local, pas besoin de stock, pas besoin de matériel coûteux. Un ordinateur, une connexion, et du savoir-faire.
L’objectif
Mon palier 1 : 2 000 euros de chiffre d’affaires par mois d’ici juin 2026. C’est ambitieux pour un indépendant qui démarre en zone rurale. C’est aussi nécessaire.
En micro-entreprise, les charges sociales sont d’environ 22% (avant ACRE). Sur 2 000 euros de CA, ça laisse environ 1 560 euros nets avant impôt. C’est sobre. C’est faisable.
Pour atteindre ce palier, il faut environ 3 projets “Visible” à 590 euros par mois, ou un mix de projets plus gros et de maintenance. C’est un calcul simple sur le papier. Dans la réalité, chaque projet a son tempo, chaque client a ses délais, et la prospection prend du temps.
Pourquoi les artisans (et pas les startups)
Quand on apprend à coder, la tentation naturelle c’est de viser les startups, les SaaS, le remote à 500 euros la journée depuis Lisbonne. J’ai choisi l’exact opposé : des artisans, des producteurs, des thérapeutes, en Hautes-Pyrénées.
Voici pourquoi.
Le besoin est réel et immédiat
Quand un fromager du marché de Montréjeau n’a pas de site, ses clients potentiels ne le trouvent tout simplement pas. Ce n’est pas un problème théorique. C’est du chiffre d’affaires qui passe à côté.
En France, 35% des TPE n’ont pas de site internet. En zone rurale, c’est pire. Les artisans qui ont un site l’ont souvent fait il y a dix ans et ne l’ont jamais mis à jour. Ou ils paient 30 euros par mois pour une plateforme qu’ils n’utilisent pas.
Les solutions existantes ne sont pas adaptées
Les agences web de Tarbes ou Toulouse facturent 3 000 à 10 000 euros pour un site vitrine. C’est hors budget pour un thérapeute qui démarre ou un producteur qui fait 1 500 euros par mois.
Les plateformes type Wix ou Squarespace ? Le résultat est générique, le référencement est médiocre, et au bout de 3 ans vous avez dépensé autant qu’un site pro sans en être propriétaire. J’ai détaillé les chiffres dans cet article.
Il y a un trou dans le marché. Pas un trou conceptuel qu’on invente pour lever des fonds. Un vrai trou, vécu par des vraies gens, dans un vrai territoire.
Je connais ces gens
Je vis ici. Je les croise. Je mange leur pain, leur fromage, leur tempeh. Quand je fais un site pour un producteur local, je comprends ce qu’il fait parce que je connais son contexte. Je sais ce que “livrer en Barousse” veut dire. Je sais qu’un marché de 40 stands à Montréjeau n’a rien à voir avec un salon professionnel à Paris.
Cette proximité, c’est un avantage compétitif qu’aucune agence de Toulouse ne peut reproduire.
Ce que j’ai appris en un mois
1. La prospection en rural, c’est du terrain
J’ai imprimé des cartes de visite. Je suis allé au marché de La Barthe-de-Neste. J’ai discuté avec des apiculteurs, des boulangers, des artisans de toutes sortes. Certains étaient intéressés, d’autres pas du tout, d’autres “peut-être en septembre”.
La prospection en milieu rural n’a rien à voir avec le marketing digital. C’est de la rencontre humaine. C’est du temps long. C’est donner une carte, serrer une main, et revenir la semaine d’après.
Ça ne scale pas. Mais ça construit de la confiance. Et la confiance, dans un territoire où tout le monde se connaît, c’est la seule monnaie qui compte.
2. Les meilleurs clients viennent du réseau
Mon premier client, c’est quelqu’un que je connaissais déjà. Le deuxième contact sérieux est venu par mon formulaire en ligne — une thérapeute qui a trouvé mon site. Le troisième est un ami boulanger.
Le pattern est clair : les gens achètent à des gens qu’ils connaissent ou qu’on leur a recommandés. La prospection froide (emails à des inconnus, publicité) est utile, mais le cœur du business en rural, c’est le réseau. Chaque client satisfait devient un ambassadeur.
3. Il faut livrer avant de vendre
Avant de courir après 10 prospects, mieux vaut faire un travail impeccable pour le client qu’on a déjà. Un site bien fait, un client content qui en parle autour de lui, ça vaut plus que 100 emails de prospection.
C’est contre-intuitif quand on a besoin d’argent rapidement. Mais c’est la réalité du terrain.
4. L’administratif est un métier à part entière
Créer la micro-entreprise sur l’INPI. Demander l’ACRE (la réduction de charges la première année). Souscrire une RC Pro. Facturer correctement. Déclarer son chiffre d’affaires. Chaque étape est faisable, mais aucune n’est triviale.
Si vous envisagez de vous lancer, prévoyez du temps pour l’administratif. Ce n’est pas la partie sexy, mais c’est la fondation de tout le reste.
5. Le doute est permanent (et c’est normal)
Il y a des jours où tout avance. Un client valide le devis, un article est publié, le site est beau, les analytics montent.
Et puis il y a des jours où rien ne bouge. Pas de réponse, pas de prospect, un problème technique qui prend trois heures. Ces jours-là, la petite voix dit : “Tu aurais dû rester à la boulangerie.”
Je ne vais pas vous mentir : cette voix existe. La différence avec un salarié, c’est que personne ne vous dit quoi faire le lundi matin. C’est une liberté immense et un poids immense en même temps.
Mon offre : pourquoi 590 euros
Quand j’ai conçu mon offre, je suis parti du problème, pas du marché.
Le problème : un artisan ou un thérapeute en milieu rural a besoin d’être trouvé sur Google. Pas d’un site avec 47 pages et des animations 3D. Juste d’être visible quand quelqu’un tape “boulanger Lannemezan” ou “naturopathe Comminges”.
La solution : un site one-page professionnel, une fiche Google Business optimisée, un référencement local de base. Le tout livré en 7 jours.
Le prix : 590 euros. C’est calculé pour être accessible à un indépendant (moins de 2 mois de cotisations Resalib pour un thérapeute), tout en étant viable pour moi.
| Ce qui est inclus | Détail |
|---|---|
| Site one-page responsive | Design sur-mesure, adapté mobile, rapide |
| Fiche Google Business | Créée et optimisée (catégorie, photos, horaires) |
| SEO local | Mots-clés, meta tags, structured data |
| Nom de domaine (1 an) | .fr ou .com au choix |
| Hébergement (1 an) | Rapide, sécurisé, géré par moi |
| Formation | 30 min pour que vous puissiez modifier vos infos |
| Prix | 590 € (paiement en 2 ou 3 fois possible) |
Je ne prétends pas que c’est le site le plus complet du monde. Je prétends que c’est le meilleur rapport qualité-prix pour un artisan qui part de zéro en visibilité numérique.
Pour ceux qui ont besoin de plus — un site vitrine complet, du e-commerce, de la maintenance — j’ai des offres adaptées. Mais l’offre Visible à 590 euros est le point d’entrée : l’essentiel, bien fait, vite.
Ce qui est différent quand on travaille pour soi
Le temps a une autre valeur
En CDI, une heure improductive c’est une heure payée quand même. En indépendant, une heure improductive c’est une heure qui ne rapporte rien. Ça change radicalement la façon dont on organise ses journées.
Je ne travaille pas plus qu’avant. Mais je travaille mieux. Chaque heure a un sens, un objectif. La procrastination coûte cher quand c’est votre propre argent qui est en jeu.
La solitude est réelle
En boulangerie, il y a des collègues. Des conversations. Du lien social intégré au travail. En indépendant, surtout quand on travaille de chez soi dans un village de 200 habitants, il faut construire activement son réseau social professionnel.
Les marchés, les événements locaux, les tiers-lieux : ce n’est pas juste de la prospection, c’est aussi de la survie sociale.
La liberté est concrète
Je choisis mes projets. Je choisis mes horaires. Je choisis mes outils. Si un mardi après-midi je veux prendre 2 heures pour marcher en montagne et revenir travailler le soir, personne ne me demande de justificatif.
Cette liberté a un prix (l’incertitude financière), mais elle n’a pas de substitut. Après l’avoir goûtée, revenir en arrière serait difficile.
Les erreurs que j’aurais aimé éviter
Vouloir tout faire en même temps
Blog, prospection, site client, admin, réseaux sociaux, veille technique. Quand on démarre, on a l’impression que tout est urgent et que chaque journée sans avancée sur tous les fronts est une journée perdue.
La réalité : vous avez une énergie limitée et un temps limité. Mieux vaut finir un projet proprement que d’avancer de 10% sur cinq projets en même temps.
Sous-estimer le temps de prospection
Je pensais que le bouche-à-oreille suffirait. C’est un canal puissant, mais il est lent. Il faut compléter avec de la prospection active : marchés, contacts directs, contenu en ligne (blog, Google Business). Prévoyez de consacrer au moins 30% de votre temps à la prospection les premiers mois.
Comparer son rythme à celui des autres
Internet est plein de récits de freelances qui ont fait 10 000 euros le premier mois. Ces récits existent, mais ils sont l’exception. En zone rurale, avec une clientèle d’artisans, le rythme est plus lent et c’est normal. Un client de plus par mois, c’est déjà une croissance saine.
Pour qui c’est fait (et pour qui ça ne l’est pas)
Envisagez ce chemin si :
- Vous avez une compétence technique solide (pas besoin d’être expert, mais de savoir faire le travail)
- Vous êtes à l’aise avec l’incertitude financière les premiers mois
- Vous aimez le contact humain et vous êtes prêt à aller sur le terrain
- Vous avez un territoire où le besoin existe
- Vous pouvez tenir 6 mois avec peu de revenus (épargne, aide, conjoint, etc.)
Ne le faites pas si :
- Vous cherchez un revenu garanti dès le premier mois
- Vous n’aimez pas vendre (parce que vous allez vendre, tout le temps)
- Vous espérez travailler uniquement depuis votre ordinateur sans jamais rencontrer personne
- Vous n’avez aucune épargne et aucun filet de sécurité
Ce n’est pas un jugement de valeur. C’est une question de contexte. La même personne peut être prête à 30 ans et pas à 25, ou l’inverse. L’important c’est d’être honnête avec soi-même.
La question que tout le monde pose
“Tu regrettes ?”
Non. Pas encore, en tout cas, et je ne pense pas que ça viendra.
Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir commencé plus tôt à préparer la transition. D’avoir attendu d’être sûr au lieu de commencer à construire en parallèle.
Mais quitter un CDI pour faire un métier que j’ai choisi, dans un territoire que j’aime, pour des gens que je respecte ? Non, ça ne se regrette pas.
Le chemin est plus difficile que ce qu’on imagine. Les revenus mettent plus de temps à venir. Les doutes sont plus fréquents. Mais chaque matin, quand j’ouvre mon ordinateur, c’est moi qui décide à quoi va ressembler ma journée. Et ça, ça vaut quelque chose.
La suite
Dans les prochains mois, je vais continuer à documenter ce parcours. Les chiffres réels, les galères, les victoires. Pas pour faire du storytelling, mais parce que ces récits honnêtes manquent.
Si vous êtes artisan, thérapeute, producteur dans les Hautes-Pyrénées ou ailleurs, et que vous avez besoin d’un site qui vous ressemble, on peut en discuter. 30 minutes, gratuitement. Je vous dis ce qu’il vous faut, et combien ça coûte. Pas de surprise.
Et si vous êtes comme moi il y a un an — salarié le jour, codeur la nuit, avec l’envie de sauter mais la peur du vide — sachez que le vide est moins profond qu’il n’y paraît. Il faut juste un peu de préparation et beaucoup de gens autour de soi.
Je suis Vie, créateur de sites web pour artisans et thérapeutes, basé à Anères dans les Hautes-Pyrénées. Je crois que chaque artisan qui fait bien son métier mérite d’être trouvé par les gens qui le cherchent. C’est ce que je fais : je rends visibles les gens qui font des choses bien.
Vous êtes artisan ou thérapeute et vous voulez un vrai site qui vous ressemble ? Je vous comprends. On en discute 30 minutes, gratuitement.
Premier rendez-vous gratuit, 30 minutes, par téléphone ou visio.
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Vie
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